Mardi 18 octobre 2016 19h30 | Coopérative Paradis

Synopsis P.S. Jérusalem: une famille au coeur du conflit  Journal Métro


Son film relate les trois ans de sa vie de famille à Jérusalem. On y voit le quotidien de sa petite tribu de trois enfants avec son mari franco-algérien, Philip Touitou. C’est l’expérimentation d’une vie de famille où son quotidien n’est que racisme et haine.

«Là-bas l’ambiance est pesante. À des endroits il ne faut pas parler arabe, et à d’autres endroits, il ne faut pas parler hébreu. Comme nous sommes juifs, notre vie n’est pas si difficile. Mais comme nous sommes des humanistes alors l’injustice que subit les arabes nous révolte. Quand on aime les Palestiniens, tout autant que les autres, et qu’on les côtoie, il faut vivre loin de l’extrémisme juif», raconte la cinéaste, de confession juive.

Mme Elon montre une autre réalité du «conflit» israelo-palestinien. «Il n’y a pas un côté noir et un côté blanc. Une majorité des Israéliens veulent vivre en paix avec les Palestiniens. C’est pour ça que j’ai décidé de mettre mes enfants dans une école mixte, pour leur montrer cette réalité», raconte celle qui se dit «humaniste» avant tout.

Malgré la promesse faite à son père de ne plus jamais retourner vivre en Israël, elle part, en 2010, s’installer à Jérusalem avec ses deux enfants, son mari et enceinte de son troisième. «J’avais besoin de retourner vivre là-bas. De retrouver mon enfance», explique-t-elle.

Durant trois ans, la réalisatrice va filmer le quotidien de sa famille dans son pays d’enfance.

Un jour, alors que le père de famille est au jardin d’enfants avec ses fils, la sirène retentit pour une énième fois. Paniqué, Mr Touitou ordonne aux garçons de rentrer. Impassible, l’un des fils conseille à son père de se cacher sous le toboggan, comme on lui a appris à l’école. Philip reste livide face à la quiétude de son fils.

C’en est trop. Les deux parents décident de quitter définitivement Israël.

Arrivés à Montréal il y a bientôt deux ans, ils vivent désormais «dans un environnement de paix, de tolérance, sans stress psychologique et où il n’y a pas de haine ni de racisme, où règne une humanité silencieuse», décrit la mère de famille.

Si les enfants ont vite pris leur marque à Montréal en jouant dans une équipe de hockey et en pratiquant le ski, la réalisatrice a dû mal à vivre sans penser à ce qui se passe dans son pays natal.

Sa vie, son parcours, ses oeuvres
Née en 1970, à Tel-Aviv, Mme Elon a vécu toute son enfance à Jérusalem. Son feu père, Amos Elon, journaliste et écrivain controversé pour sa prise de position contre le gouvernement israélien, lui a toujours inculqué des valeurs d’union, d’amour et de vivre ensemble. Dans son film, elle mêle d’ailleurs des images de la vie en Israël et des images d’archives de son père.

Depuis toujours, la famille Elon a côtoyé et vécu aux côtés des Palestiniens. «Une personne qui m’a pratiquement élevée et que j’ai considérée comme un deuxième père était Palestinien. Ces enfants sont comme des frères et sœurs pour moi», explique la réalisatrice. Tandis qu’à l’école on lui enseignait l’histoire d’Israël, on omettait l’histoire de la Palestine et l’identité palestinienne.

Entre le discours de son père et les actes du gouvernement de son pays, Danae Elon est tiraillée.

À 18 ans, elle effectue son service militaire obligatoire de deux ans. C’est également à cette époque-là qu’a lieu la première intifada, la guerre des pierres. C’est aussi cette année-là que la jeune Israélienne perd son petit ami de l’époque.

Dans l’incompréhension la plus totale et dans un désarroi profond, Danae Elon quitte son pays pour rejoindre les États-Unis. Elle y entreprend des études de cinéma à l’Université de New York. Diplômée en 1995, elle réalise un film sur la communauté juive radicale de New-York, Never Again Forever qui reçut le Golden Spire Award au Festival international du film de San Francisco.

Elle décide alors de partir au Guatemala où elle apprendra l’espagnol et où elle réalisera un film sur la guerre civile et les chamanes.

En 2001, après l’effondrement des tours jumelles, elle décide de retourner à New York. Elle réalise, en 2004, un nouveau documentaire sur Mahmoud Musa Obeidallah, le Palestinien qui l’a gardé et élevé durant son enfance. C’est après ce film qu’elle rencontre le père de ses enfants, avec qui elle partage des valeurs communes. Un an et demi plus tard, Tristan, leur premier fils voit le jour, puis Andrei en 2007.

La tradition juive veut que les garçons soient circoncis. Une tradition que la mère préfère mettre de côté, mais que le père veut reproduire. Pour trancher, la réalisatrice décide de faire un film sur le thème de la circoncision. Comprendre en quoi est-ce important.

En 2009, le film, Partly Private, sur la circoncision est réalisé. Il gagnera le premier prix du meilleur film documentaire du festival du film de Tribeca de New York.

Cette même année, Danae Elon perd son père. Hantée par son pays et son histoire, elle décide de quitter Brooklyn.

«Même si ça me déchire de vivre loin de mon pays et de me sentir impuissante face à ce qui se passe là-bas en étant ici au Canada, je sais que pour le bien de ma famille et de mes enfants, la vie à Montréal c’est ce qu’il leur faut. J’ai compris que très récemment, en les regardant jouer au parc La Fontaine, que mes enfants n’avaient pas à vivre ce que j’ai vécu petite», raconte la jeune réalisatrice, désormais Montréalaise.

P.S. Jérusalem

de Danae Elon

P.S. Jérusalem
Fiche technique
  • Année 2015
  • Genre Documentaire
  • Pays Québec
  • Langue Hébreu
  • Sous-titres Français
  • Durée 80 minutes
  • Réalisation Danae Elon
Tarifs
  • 7 $ régulier
  • 6 $ réduit
  • gratuit 12 ans et moins
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